“RELAIS, ce sont des personnes
qu’une même épreuve assemble :
celle de vivre avec un proche atteint de
maladie ou de troubles psychiques.
Et cette épreuve est double :
- d’abord souffrance d’avoir sous les
yeux quelqu’un qui se débat intérieurement
dans des angoisses fortes, souvent
insurmontables, terribles aux heures
de crise ;
- en second lieu souffrance de se sentir
périodiquement agressé par celui qui
souffre, jugé parfois de façon impitoyable,
au point de perdre pied intérieurement
en se demandant quelle faute on
aurait pu commettre jadis, sans le savoir,
pour qu’une relation entre proches
soit aussi douloureuse.
Dans un groupe RELAIS , ces détresses
sont reconnues et non pas refoulées,
supportées et non pas divinisées.
A chaque membre du groupe convient la parole
de Jésus :
“Venez à moi vous tous
qui êtes fatigués de porter un lourd fardeau
et je vous donnerai le repos. Prenez
sur vous mon joug et laissez-moi
vous instruire, car je suis doux et humble
de coeur, et vous trouverez le repos
pour vous-mêmes” Mt 11.28-29)."
Jean Charles-Thomas,
Conseiller spirituel national. Lyon,
2 février 2008
La famille s’alarme des signes de la maladie. Elle ne comprend
pas ce qui se passe. A l’angoisse et à la souffrance du malade
répondent l’angoisse et la souffrance des proches qui se sentent
démunis, fragiles, incompétents et impuissants. Ceci d’autant
plus gravement que les périodes où tout va bien et celles où
tout va mal peuvent alterner de façon totalement imprévue.
Face au comportement de la personne malade psychique,
l’entourage ressent souvent un sentiment de honte qui va
l’amener à dissimuler les vrais problèmes, et finalement à se
couper du monde extérieur.
Prédomine aussi chez les proches un sentiment de
culpabilité, celle de ne pas avoir su voir, de ne pas avoir su agir,
d’être responsable de la maladie.
La famille est alors menacée de déstructuration. Au sein du
couple, de fortes tensions peuvent apparaître, parfois attisées
consciemment ou non par le malade. Les époux peuvent avoir
une perception différente de la maladie et des conduites à tenir
et leurs discussions peuvent aller jusqu’à la rupture. Devant leur
enfant dont le comportement devient parfois intolérable, les
parents éprouvent des réactions négatives pouvant aller
jusqu’au rejet.
Pour la fratrie, sa souffrance à travers l’un de ses membres
conjugue des sentiments ambivalents : affection,
incompréhension, culpabilité, rejet... Le malade empêche ses
frères et soeurs de mener « une vie normale ». Quand ils sont
mariés, ils craignent pour leur propre famille et appréhendent
pour leurs enfants les conduites aberrantes.
Quand c’est l’un des conjoints qui est atteint, l’autre ne
reconnaît plus celui qu’il a épousé. Il doit assumer seul de
terribles problèmes, notamment la souffrance souvent non
exprimée des enfants.
Dans toutes ces situations, il est très difficile de percevoir la
lumière, pourtant toujours présente, dans la personne malade
psychique.
Extraits de la charte de Relais d'amitié et de prière
Les personnes malades psychiques peuvent prendre contact avec Amitié Espérance qui a vocation à les accueillir