Extraits de l’exposé du Père Samuel Rouvillois, prêtre de la communauté Saint Jean, à l'occasion de la rencontre nationale de 1997
Il a fallu trois ans à Jésus pour
préparer ses disciples à recevoir les
dons de l’Esprit Saint. La rencontre
avec le Christ n’est jamais facile.
C’est une préparation de notre
coeur à l’accueil de l’Esprit.
La présence
du Christ nous permet de voir
dans la Lumière la vérité de la richesse
et de la souffrance de la personne
malade dans notre famille.
Jésus n’est pas mort sur la Croix,
seulement parce qu’il était nécessaire
qu’il souffre mais pour être
face aux hommes comme le plus
pauvre d’entre les pauvres et pour
que nous découvrions nos incapacités
radicales à aimer nos frères
et à aimer Dieu dans la pauvreté.
Il est le «Père des pauvres» (cf le Veni
Creator). C’est à dire que pour le
recevoir il faut ne plus rien avoir,
ne plus rien pouvoir. Le sacrement
des malades permet de découvrir en
communauté la présence de l’Esprit
Saint dans la faiblesse. L’Esprit
Saint vient dans la compassion et
la douceur s’emparer du coeur de
celui qui psychiquement ou physiquement
n’en peut plus et se
trouve confronté au mystère de sa
propre mort. Il vient aussi habiter
le coeur de ceux qui avec cette personne
se trouvent confrontés à cette
pauvreté. Nous devons laisser
l’Esprit Saint faire ce que nous ne
sommes pas capables de réaliser,parce que nous sommes les tout petits
enfants de Dieu.
La découverte de l’Esprit Saint
dans nos familles consiste à se reposer
spirituellement, psychiquement
et même physiquement sur
Lui en prenant conscience du concret
de sa présence. Il est «comme
les mains du Père», expression de
Sainte Thérèse de Lisieux. Il est
compassion et tendresse de Dieu
qui vient nous apprendre à vivre ce
que nous pouvons et ce que nous
ne pouvons pas auprès de Lui dans
l’Amour et comme une occasion de
laisser notre coeur s’agrandir.
Que pouvons faire humainement
pour le membre de notre famille qui
a des difficultés psychiques? : «Aménager
son malheur» ? c’est à dire
mettre quelques petites fleurs au
milieu de notre désespoi ? Lorsque
nous sommes inefficaces nous pouvons
encore être des «instruments»
de l’Esprit Saint. Si l’Esprit Saint
nous est donné par la blessure du
côté du Christ, c’est pour nous faire
comprendre que Dieu agit, est
efficace lorsque le Christ est mort,
n’a plus aucune efficacité. La
vieillesse est un exemple d’inefficacité
progressive, d’instrumentalité
de la présence silencieuse gratuite.
Les grands-parents acceptent souvent
de vivre cela et font ainsi l’expérience
de la compassion. L’Esprit
Saint peut agir et nous révéler comment
la famille est un lieu de communion,
de pardon, de paix parce
qu’il est là.
Pas une clé, mais un chemin,
c’est la Vierge Marie. Dans la sagesse
de Dieu, l’Esprit Saint est inséparable
de la Vierge Marie. Plus
nous découvrons l’Esprit Saint, plus
nous découvrons comment Marie
est comme le visage humain que
l’Esprit Saint a voulu prendre pour
nous. La Vierge Marie nous fait
comprendre que la vocation propre
d’une famille est la communion,
qui est très exigeante. Chaque famille
est appelée par Jean Paul II à être «église domestique» où le pardon
est pratiqué tous les jours. Notre
membre malade pourra y faire
l’expérience de l’Amour et de la Lumière
de Dieu.
A Longchamp (lors des JMJ de 1997 NDLR), les jeunes ont fait
une expérience très profonde. La
faiblesse de Jean Paul II, instrument
de la Paternité de Dieu, était l’occasion
d’une expérience de l’Amour de
Dieu pour eux. Dans l’expérience de
la faiblesse, on découvre comment
l’essentiel est de se laisser aimer
et de laisser Dieu se servir de nous
d’une manière qui n’est pas efficace
mais féconde et qui porte du fruit
dans le coeur de nos frères. Nous
appuyer sur nos forces pour éviter
de nous appuyer sur Dieu, c’est
notre tentation. Le malade dans
notre famille vient nous aider à laisser
la présence de Dieu se servir de
notre présence inutile, gratuite.
Le Père Samuel a bien voulu
ouvrir notre journée par cet exposé.
Il a lui-même un frère malade
mental que sa famille accompagne
depuis plusieurs années dans
les difficultés et l’épreuve. La communauté
Saint Jean a des liens
très profonds avec Jean VANIER
et Marie - Hélène MATHIEU, comme
avec toutes les familles spirituelles
nées dans les années 1970
de la présence de l’Esprit Saint à
l’oeuvre dans le Renouveau de
l’Eglise. Leur attention commune
se tourne vers les pauvretés du
coeur, de l’intelligence et du corps.
Chaque Jeudi à l’heure d’un Angélus, nous prions pour tous les membres des groupes Relais d’Amitié et de Prière. Ainsi, dans une prière commune nous nous soutenons tous les uns les autres.
Ecoute, Seigneur, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux.
Veille sur moi qui suis fidèle, Ô mon Dieu,
Sauve ton serviteur qui s’appuie sur Toi.
Après la mort de Moïse, serviteur de Yahvé, Yahvé parla à Josué, fils de Nûn, l’auxiliaire de Moïse, et lui dit (…): « Je serai avec toi comme j’ai été avec Moïse, je ne t’abandonnerai point ni ne te délaisserai. (…) Sois fort et tiens bon, car c’est toi qui vas mettre ce peuple en possession du pays que j’ai juré à ses pères de lui donner. Seulement, sois fort et tiens très bon pour veiller à agir selon toute la Loi que mon serviteur Moïse t’a prescrite. Ne t’en écarte ni à droite ni à gauche, afin de réussir dans toutes tes démarches. *Que le livre de cette Loi soit toujours sur tes lèvres : médite le jour et nuit afin de veiller à agir selon tout ce qui y est écrit. C’est alors que tu seras heureux dans tes entreprises et réussiras. Ne t'ai-je pas donné cet ordre : sois fort et tiens bon ! Sois sans crainte ni frayeur, car Yahvé ton Dieu est avec toi dans toutes tes démarches. »
« Dieu a organisé le corps de telle façon qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres. Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance, si un membre est à l'honneur, tous partagent sa joie. »
de la Première Lettre de Saint Paul aux Corinthiens
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« Il vaut mieux bien employer le temps présent que de beaucoup songer à l'avenir »