Extraits de la conférence de Jean Vanier, lors de la rencontre nationale de novembre 2001
Notre fragilité
Je n’ai pas besoin de vous dire le
sentiment de fragilité que j’éprouve à
partager avec vous un peu de mon expérience
avec les personnes malades
psychiquement. Pas une semaine ne
se passe sans que je rencontre un père
ou une mère dont l’enfant souffre de
maladie psychique, ou une personne
malade elle-même. Je reçois aussi
beaucoup de lettres me disant leurs
difficultés, leurs souffrances.Cette souffrance
si particulière parce que la maladie
se situe dans la relation, à la différence
de la plupart des hommes et
femmes de ma communauté où la maladie
atteint l’intelligence et moins souvent
la relation, bien que bon nombre
d’entre eux présente également des
traits psychotiques. Tout ce que vous
vivez, je le connais donc. Mais il est
toujours délicat d’approcher des personnes
qui souffrent, sans les avoir
d’abord écoutées longuement.
Tous, nous avons
besoin d’une aide
Je ressens d’autant plus ma fragilité
à parler devant vous que votre expérience
à chacun est particulière. Il n’y
a pas deux personnes malades psychiques
qui soient semblables. Chacune
est unique dans ses souffrances,
dans ses violences, dans sa confusion,
dans son angoisse. L’expérience de
chacun de vous diffère aussi suivant le
soutien qu’il a pu trouver. Certains parmi
vous ont peut-être rencontré assez
rapidement des professionnels, psychologues,
psychiatres, compréhensifs,
qui ont pu vous soutenir, comprendre
votre désarroi. D’autres se sont
heurtés à des professionnels très fermés,
idéologues, dont la vision figée
manquait profondément de compassion.
Ici, j’aimerais vous parler un peu des
professionnels et de leurs difficultés, que ce soit des psychiatres, des psychologues
ou des infirmiers en hôpitaux
psychiatriques. Comme il est dur
pour eux de vivre cette proximité quotidienne
avec de grands malades mentaux
chez qui très souvent on ne voit
pas de progrès ! Parfois, s’installe une
sorte de crainte qui peut gagner tous
ceux qui travaillent dans ce contexte et
qui ressentent un fort besoin de soutien.
Et je n’ai pas besoin de le souligner
: c’est la même situation pour
vous, parents, frères, ou soeurs. Souvent
vous êtes placés en face de comportements
intolérables, qui peuvent
varier de façon complètement inattendue,
en fonction du temps, de l’atmosphère,
des vibrations dans le monde,
d’un film vu à la télévision. Certains
d’entre vous accompagnent des personnes
qui font des tentatives de suicide
et vous vivez dans une peur profonde
presque permanente.
Ne pas spiritualiser
indûment la maladie
Je me souviens d’une malade, Sophie.
C’était une jeune femme merveilleuse,
d’une grande beauté morale…
Elle avait beaucoup de sagesse
et elle sentait quand la crise allait se
produire. Sophie a été hospitalisée. J’ai
été la voir, elle semblait mieux. Malheureusement,
quelques jours plus tard, un
groupe de prière lui a imposé les mains
pour la délivrer du mauvais esprit. Le
lendemain, elle s’est jetée sous le métro...
Il faut faire très attention de ne pas
spiritualiser indûment la maladie et de
nourrir de fausses espérances. Il vaut
mieux dire : « Tu es malade et les médecins
sont là pour te soigner », que
de dire « il y a un mauvais esprit en
toi ». Car si le groupe de prière ne libère
pas du mauvais esprit, il n’y a plus
d’espérance. Ce que je vous dis là, est
pour exprimer l’immense complexité de
la maladie psychique. Cette complexité
constitue peut-être la plus grande souffrance de l’entourage, et souvent
vous ne trouvez pas la personne qui
vous comprenne et qui vous écoute.
Au contraire, vous pouvez plus ou
moins vous sentir jugés et vous entrez
dans une intolérable culpabilité.
La culpabilité
envahissante
Les parents ne doivent pas craindre
de regarder en face le phénomène
de la culpabilité. Mon expérience
me montre que tout le monde se sent
coupable : les maris parce qu’ils
n’aiment pas suffisamment leur femme,
les femmes parce que les enfants
ne prennent pas les bonnes directions
qu’elles auraient souhaité, les enfants
coupables parce que… La profondeur
de cette culpabilité est particulièrement
grande face à des soucis graves. Alors
les pères et les mères en viennent toujours
à cette question : « Qu’est-ce
qu’on a fait de mal ? »
Un sentiment de honte peut alors
nous envahir. Un mauvais fruit vient
d’un mauvais arbre. Que de temps
pour découvrir que ce n’est pas un
mauvais fruit, mais un fruit différent. Il
est donc très important de regarder
combien la honte, la culpabilité nous
paralysent tous. Dans les confidences
que je reçois, j’entends : - « Dieu ne
peut pas m’aimer » - « Pourquoi ne
peut-il pas t’aimer ? » - « Je ne suis
pas bon » - « Mais comment tu n’es
pas bon ? » Quand je me trouve avec
des personnes qui vivent dans une
dépression latente – ce sentiment
constant de ne rien valoir – ou dans
une dépression clinique, j’essaie de
les aider en leur rappelant les trois tentations
de Jésus. Ce sont des tentations
pour pousser Jésus à montrer
qu’il est vraiment Dieu, en faisant des
choses grandioses. Ce sont des tentations
de « pouvoir », alors que toute
l’oeuvre de Jésus est dans l’humilité.
Le grand désir de Jésus est d’entrer dans une relation amicale avec
chacun pour que nous n’ayons pas
peur de Dieu. Alors, je
demande : « Comment le mauvais
esprit te tente-t-il, toi ? » En chacun de
nous, il y a le lieu de la tentation, le
point qui nous empêche d’être debout,
vivant, croyant, confiant. Presque toujours,
c’est se laisser engouffrer dans
la honte et la culpabilité.
D’où viennent-elles cette honte et
cette culpabilité ? Sûrement elles remontent
très loin dans l’enfance. Il y a
la personne réelle, profonde, et puis il
y a des sentiments qui viennent d’on
ne sait pas où, et ces sentiments sont
des sentiments négatifs : « Je ne vaux
rien », « Personne ne m’aime »,… Je
continue : « Toute la difficulté est de te
séparer, toi, ta personne, la partie secrète
de ton être, de ces sentiments
de honte et de culpabilité. Tu vas être
obligé de beaucoup lutter, une vraie
lutte, puisque le rôle du mauvais esprit
est de te submerger par ces sentiments
et tu devras chercher comment
fortifier ton « Je » profond ? »
Une des aides que je propose est
de prendre une parole de Dieu et de la
répéter. Comme l’a fait Jésus. Devant
la tentation, Jésus prend la parole de
Dieu. Quand ces sentiments négatifs
montent dans la tête, te dire à toimême
la parole de Dieu : « Tu es précieux
à mes yeux et je t’aime ». C’est
dans Isaïe un passage où Dieu parle
à son peuple, mais il te parle aussi à
toi aujourd’hui. « Tu n’es pas coupable,
tu n’es pas moche, tu n’es pas
sans valeur. Tu es précieux aux yeux
de Dieu ». C’est cela qu’il faut te répéter.
Une parole de Dieu que vous gardez
toute la journée. Parce que les
épreuves que vous vivez sont des
épreuves qui peuvent vous amener au
plus grand découragement ou à la
sainteté. Car vous êtes devant la croix
et la croix de Jésus. Très peu de gens
ont pu comprendre cette croix de Jésus.
Les disciples s’enfuirent tous.
Notre nature rejette toute forme
d’échec, relationnel, familial, professionnel.
Dès qu’il y a un échec, remontent
ces sentiments : « Je suis moche,
voyez, je ne suis pas bon ». La grande
lutte humaine est la lutte contre la culpabilité.
La grande force qui nous soutient
alors, nous la recevons de Jésus
et de l’Esprit-Saint. Je ne vous parle pas ici de recevoir le sacrement de réconciliation
qui nous donne la miséricorde
de Dieu face à des fautes objectives,
avec une nouvelle force de
l’Esprit Saint. Je parle de la culpabilité
psychologique très forte et de la lutte contre elle. De fait, il y a un réel danger
à ce que la culpabilité psychologique,
la honte, (très différente de la culpabilité
morale) devienne un sentiment
négatif qui s’installe dans la tête, dans
la conscience. Elle pousse certains à
nier la maladie de leur enfant qui pour
eux n’est pas possible, parce que trop
choquante. Je refuse de regarder la
réalité ou plutôt je ne peux pas la regarder.
Je voudrais tant que cela ne soit
pas comme cela est. Et je risque alors
de nier la maladie et de trop tarder à
prendre les mesures de sagesse.
Se faire aider
Encore souvent, aller voir le psychiatre
ou le psychologue est ressenti
comme une honte. Mais ce que vous
vivez est tellement complexe : sans
aide, la vie est trop difficile. C’est pour
cela que je suggère aux parents d’avoir
un psychologue avec lequel ils parlent
eux-mêmes, différent du psychiatre ou
du psychologue de leur enfant, pour
s’appuyer sur quelqu’un avec qui, eux,
peuvent parler et qui peut leur dire :
« Tu sais, je comprends, ce que tu vis
est intolérable ». Il ne dit pas forcément
ce qu’il faut faire, mais il leur permet
de dire que la situation est intolérable.
Très souvent aussi, je suggère aux
parents de réunir autour d’eux quelques
personnes qui parlent en bien de
leur enfant. Ils ne sont pas là pour trouver
des solutions mais pour dire du
bien. Passer du problème que pose
une personne à la souffrance qu’il révèle
est impossible à faire seuls, on a
besoin d’aide. Nous avons besoin de
personnes qui vivent la compassion.
Car un homme ou une femme souffrant
de maladie psychique, c’est une personne
qui vit l’agonie et quand on est
devant des personnes agonisantes, je
n’ai pas besoin de vous le dire : « On
ne sait pas quoi faire ».
Mes propres angoisses
Pour moi, je sais que, devant une
personne handicapée mentale ayant
de graves difficultés psychiques, qui
hurle son angoisse, je ne sais pas quoi
faire. Très souvent, son angoisse éveille
mes angoisses. Ce n’est pas une angoisse
d’agir : « Qu’est-ce qu’il faut
faire ? Est-ce que j’ai mal fait ? » Non,
ce sont simplement mes propres angoisses
toutes nues, celles qui sont en
chacun de nous. Elles s’éveillent et prennent toute la place et alors je ne
supporte plus la relation. Cela me
prend du temps pour surmonter ce
malaise intérieur, cette vulnérabilité, ce
vide intérieur. En vieillissant, c’est plus
fréquent. Quand on est jeune, on a des
systèmes de défense beaucoup plus
forts. Quand on devient un peu plus
âgé, nos systèmes de défense faiblissent.
Je vis dans un foyer où un homme
explose de temps en temps. Autrefois,
j’arrivais à le supporter. Je savais
faire. Je le supporte beaucoup moins
bien aujourd’hui. Je ne peux que partir,
parce que ce que je ferais ne serait
pas adapté.
L’oeuvre de Dieu
Un grand danger, c’est donc la culpabilisation
des parents. Dans l’Evangile
de Jean, devant l’homme né aveugle,
la première question des disciples:
« A qui la faute ? Est-ce que c’est à
cause des péchés de ses parents ou
de ses propres péchés ? » Je pense à
ce médecin dont une fille a un léger
handicap mental. Il me disait : « Quand
j’ai vu, à sa naissance, qu’elle avait un
handicap, je me suis dit : Mais qu’estce
que j’ai fait contre Dieu pour qu’il
m’envoie une tuile comme ça ? » Immédiatement,
comme une sorte de
sentiment qui vient de très, très loin.
Vous connaissez la réponse de Jésus :
« Non, ni lui ni ses parents ont péché.
C’est pour que l’oeuvre de Dieu s’accomplisse
en eux ».
Qu’est-ce que cette oeuvre de
Dieu ? Là encore, faisons attention aux
clichés ou à une spiritualisation trop
rapide. L’oeuvre de Dieu, oui, c’est
l’amour et quand je parle de l’amour,
je ne parle pas du tout d’un sentiment,
d’une émotion, je parle de cette intention
que l’autre soit bien, qu’il soit moins
agonisant, qu’il trouve un équilibre, qu’il
trouve la paix, une intention profonde
que vous gardez dans les conditions
difficiles de votre vie. Car il s’agit
d’aimer des personnes avec délicatesse,
c’est-à-dire de les aider, de les entourer,
en leur faisant sentir qu’elles
sont importantes, qu’elles ne sont pas
simplement des problèmes, pas simplement
des gens qui nous blessent,
qui nous font du mal. Le chemin est
très long pour accepter l’autre comme
il est, et non pas comme on aurait voulu
qu’il soit ; pour reconnaître que cet
homme ou cette femme est précieux,
très précieux pour Dieu. Ce chemin est
une voie différente, une voie douloureuse. L’oeuvre de Dieu, c’est l’amour.
Mais cet amour n’est pas toujours dans
la tendresse, il est dans les larmes, il
est dans le besoin d’être soutenu.
Accueillir l’autre comme il est, avec
cette maladie, représente un passage
qui n’est pas simple : n’avoir plus de
certitude sur ce qui se passera. Un jour,
un papa est venu me voir pour parler
de son fils qui était en hôpital psychiatrique.
Il m’a demandé : « Est-ce que
l’Arche peut le prendre ? » Je lui ai
expliqué que non. Mais je lui ai dit :
« Parlez-moi de votre enfant. Est-ce
qu’il est bien à l’hôpital ? » - « Oui, il
est très bien, il a beaucoup d’amis,
etc. » - « Pourquoi voulez-vous qu’il
sorte, s’il est bien, si on est prêt à le
garder , s’il se sent en sécurité ? . C’est
vous qui voulez le sortir. Mais pourquoi,
s’il est bien ? » On touchait là un problème
de honte : avoir un fils à l’hôpital
psychiatrique, c’était honteux. Mais
l’important, c’est qu’il soit paisible, qu'il
se sent bien. Il a trouvé une sécurité.
Le drame des personnes ayant un handicap,
psychique ou mental, est l’insécurité.
L’aide dans le chemin spirituel
De quelle aide ai-je besoin, avons-nous
besoin, pour faire ce passage
entre le problème et la personne, entre
le problème et la compassion. Une
aide pour découvrir qu’il y a peut-être
un mystère au coeur duquel il nous est
très difficile de pénétrer. On peut parler
du mystère de la croix avec de belles
phrases. Vous, vous vivez la croix
et elle n’est plus une question de belles
phrases. Ce sont les larmes, la colère,
le désarroi, des choses insupportables.
Peut-être, certains d’entre vous
ont déjà fait un passage vers une résurrection.
Mais, quand on est plongé
dans des situations impossibles, il
s’agit d’une croix insupportable. On ne
sait absolument pas ce qu’il faut faire
et personne près de vous ne peut vous
aider. Alors, nous avons besoin du
mystère de Marie, de la compassion
qui dit juste : « Je suis avec toi ». Il ne
s’agit pas de faire des choses, il s’agit
d’être avec, de dire : « Je crois en toi
malgré toutes les souffrances dans lesquelles
tu te débats.
Le pardon
Il y a quelque temps j’ai reçu une
longue lettre, très bouleversante d’une
femme sûrement si fragile qu’il ne doit
pas être facile d’être son ami. La personne
malade psychique, ou bien ne
supporte pas l’amitié - ce qu’elle désire
pourtant le plus - et la repousse au
loin, ou bien elle met à l’épreuve pour
voir si « vraiment tu es mon ami ». De
toutes façons, ce que l’on reçoit c’est
une claque et une fois la claque donnée,
la personne malade entre dans la
culpabilité. Il faudrait au moins pouvoir
lui dire : « Tu m’as fait du mal ! Il ne
s’agit pas de prétendre que tu ne m’as
pas fait du mal. Ce n’était pas bien que
tu l’aies fait, mais tu ne pouvais peutêtre
pas ne pas le faire. Sache pourtant
que notre union est plus profonde
que la claque et que je t’aime ». C’est
le pardon.
Le chemin de sainteté
Je connais de nombreux parents
qui sont sur le chemin de sainteté. Personne
n’a dit que le chemin de sainteté
était facile. Il y a des épreuves bouleversantes.
Si je vous écoutais chacun,
je serais dans l’admiration de ce
que vous vivez. Votre plan d’avenir ou
de l’avenir de vos enfants est complètement
cassé. C’est le mystère de
l’échec. Pourtant il s’agit simplement
de découvrir la présence de Dieu dans
l’inattendu, dans le plan qui ne réussit
pas. Comment vivre cette épreuve ?
Vous êtes vraiment appelés à la sainteté.
Je ne dis pas cela à la légère. Vous
avez besoin de trouver une force qui
est surhumaine dans la situation où
vous êtes. Il faut trouver le groupe de
soutien, il faut trouver le bon psychologue,
avoir des amis. Tout cela est absolument
nécessaire parce que Dieu
se sert des causes secondaires. Il est
très important que les parents ne soient
pas tout seuls devant la réalité, qu’il y
ait des gens, en dehors de la famille,
qui puissent entrer dans cette relation
très complexe entre enfants et parents.
Normalement, un enfant quitte ses
parents. Mais, ici, en même temps, il a
besoin de ses parents et il ne veut pas
d’eux. Déjà pour tout enfant, cette relation
à la fois de dépendance et
d’autonomie est très complexe, mais
plus encore pour la personne malade
psychique. Elle se fait du mal ou elle
fait du mal à ses parents parce qu’elle
veut être autonome mais qu’elle en est incapable. Ce déchirement met les parents
dans une situation où ils ne savent
pas quelle attitude adopter. D’où
la nécessité de trouver d’autres personnes
qui puissent entrer en relation avec
la personne en difficulté pour soulager
cette relation parents – enfants. Dans
cette maladie se mêlent en même
temps une soif énorme de la relation
et la peur de la relation. A certains
moments, la personne a besoin de rencontres
: à d’autres, elle tient les gens
à distance.
Quel est, au coeur de l’univers, le
sens de la souffrance humaine lorsqu’on
ne peut pratiquement pas la soulager
? Je ne peux pas en parler, je ne
veux pas en parler parce que c’est trop
vite banalisé, mais je pressens qu’il y
a quelque chose de très important. Les
personnes souffrant de maladie psychique
ou les parents qui vivent l’enfer
sont peut-être beaucoup plus proches
du ciel que beaucoup d’autres et même
la souffrance non offerte dans la paix
est importante. Il faudrait relire Isaïe,
53 : l’annonce du Christ. Ce serviteur
souffrant. Pas de beauté, plus d’apparence
humaine, tout le monde se détourne
de lui et pourtant c’est par ses
plaies que nous sommes sauvés.
Vous le savez, le drame, c’est une
société qui n’est pas ouverte et des
personnes qui ne cherchent pas à comprendre.
Tout cela, et les échecs sur
échecs augmentent votre souffrance et
la souffrance de votre enfant. On est
devant un monde tellement hyper organisé,
hyper structuré que l’inattendu
n’est pas possible. Celui qui n’entre
pas facilement dans le moule est rejeté.
Je suis toujours frappé quand
j’entends : « La pierre qui a été rejetée
par les constructeurs est devenue
la pierre d’angle ». Je suis convaincu
qu’il y a un mystère profond : c’est celui
qui est rejeté qui peut nous guérir.
Vous, vous êtes en plein dans ce mystère
dont on parle difficilement parce
que, devant la croix, souvent il n’y a
rien à faire, sauf d’être debout avec
Marie à la croix.
Quand on a fait tout ce qu’il fallait
faire, il faut savoir attendre. Marie est
celle qui nous apprend à attendre dans
l’épreuve, face aux blessures de notre
entourage, face à nos propres blessures,
nos propres incapacités, attendre
dans la confiance, savoir qu’un jour la
Résurrection viendra.
Chaque Jeudi à l’heure d’un Angélus, nous prions pour tous les membres des groupes Relais d’Amitié et de Prière. Ainsi, dans une prière commune nous nous soutenons tous les uns les autres.
Ecoute, Seigneur, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux.
Veille sur moi qui suis fidèle, Ô mon Dieu,
Sauve ton serviteur qui s’appuie sur Toi.
Après la mort de Moïse, serviteur de Yahvé, Yahvé parla à Josué, fils de Nûn, l’auxiliaire de Moïse, et lui dit (…): « Je serai avec toi comme j’ai été avec Moïse, je ne t’abandonnerai point ni ne te délaisserai. (…) Sois fort et tiens bon, car c’est toi qui vas mettre ce peuple en possession du pays que j’ai juré à ses pères de lui donner. Seulement, sois fort et tiens très bon pour veiller à agir selon toute la Loi que mon serviteur Moïse t’a prescrite. Ne t’en écarte ni à droite ni à gauche, afin de réussir dans toutes tes démarches. *Que le livre de cette Loi soit toujours sur tes lèvres : médite le jour et nuit afin de veiller à agir selon tout ce qui y est écrit. C’est alors que tu seras heureux dans tes entreprises et réussiras. Ne t'ai-je pas donné cet ordre : sois fort et tiens bon ! Sois sans crainte ni frayeur, car Yahvé ton Dieu est avec toi dans toutes tes démarches. »
« A tes yeux mille ans sont comme hier
C’est un jour qui s’en va, une heure dans
la nuit »
du Psaume 89/90
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« Il vaut mieux bien employer le temps présent que de beaucoup songer à l'avenir »