Écrit par Mgr Jean-Charles Thomas, Conseiller spirituel national de Relais d’amitié et de prière
Je rencontrais récemment un ami dont les parents,
fort âgés, subissent les limites du grand âge, dont
l’un des frères est trisomique, et dont l’une des filles
est atteinte d’une maladie psychique.
Il me disait sa
grande fatigue sous le poids d’une telle charge. Tout
en ajoutant qu’il n’osait jamais se plaindre à cause
de ses engagements de chrétien: aimer à la manière
du Christ et vivre en pleine fidélité aux commandements
du Seigneur.
Il ajoutait: «Cela me fait
du bien de pouvoir exprimer
librement ma souffrance intérieure,
sans craindre une
mauvaise interprétation».
Cette conversation illustre
l’intuition qui justifie les
groupes RELAIS.
Ces groupes permettent
de parler, d’exprimer la
souffrance intérieure sans cesse active.
Ils admettent le cri spontané du coeur qui n’en peut
plus.
Ils donnent l’occasion d’entendre les aspirations
des autres à la rencontre de frères et de soeurs capables
de comprendre sans condamner.
Ils ouvrent l’esprit à des Paroles venant du Seigneur.
Celles-ci renforcent le courage et l’espérance,
sans nier ni supprimer la souffrance.
Me reviennent en mémoire des paroles que l’Esprit
de Dieu a inspirées à des croyants submergés
par la détresse intérieure.
«Le Seigneur est proche de ceux qui l’invoquent.
Il écoute leur cri. Il les sauve»
«Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?
«Mon Dieu, le jour je t’appelle au secours, mais
tu ne réponds pas; et la nuit encore, sans repos…Ne
reste donc pas loin de moi…Mon courage fond en
moi comme la cire. J’ai la gorge complètement
sèche…Ne reste pas si loin; toi qui es ma force, viens
vite à mon secours». (Psaume 22)
Et cette proposition du Christ: «Venez à moi vous
tous qui êtes fatigués de porter un lourd fardeau et
je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug
et laissez-moi vous instruire, car je suis doux et humble
de coeur, et vous trouverez le repos pour vousmêmes.
Le joug que je vous invite à prendre est facile
à porter et le fardeau que je vous propose est
léger» (Matthieu 11.28-30).
Jésus a prononcé ces paroles en regardant la foule
et en devinant ce qui tourmentait le coeur de beaucoup
d’hommes et de femmes. «Jésus parcourait villes
et villages. Il enseignait la Bonne Nouvelle. Son coeur fut rempli de pitié pour les foules qu’il voyait,
car ces gens étaient fatigués et découragés, comme
un troupeau qui n’a pas de berger. Il dit alors à ses
disciples: «La moisson à faire est grande, mais il y a
peu d’ouvriers pour cela» (Matthieu 9.35-37).
Tout cela est parfaitement d’actualité. Beaucoup
souffrent, mais ils ne trouvent personne à qui le dire.
Beaucoup ont envie de crier, mais ils n’osent pas le
faire.
Les ouvriers pour cette
moisson, c’est vous, amis,
frères et soeurs, époux, parents.
Vous, en premier
lieu! Si vous croyez en votre
possibilité de vous écouter,
de vous parler, de laisser
les paroles de Dieu traverser
vos cris et votre courage.
Quiconque souffre éprouve le besoin de crier.
C’est humain. Ce n’est pas coupable.
La Bible met sur les lèvres de très bons croyants
des cris poussés vers Dieu, et même contre Dieu!
«Mon Dieu, pourquoi dors-tu? Réveille-toi!» .
«Pourquoi suis-je né? Pourquoi m’as-tu tiré du ventre
de ma mère?» (Voir le livre de Job, en particulier,
et d’autres plaintes du prophète Jérémie).
Dieu ne condamne jamais ceux qui parlent ainsi.
Il n’y voit pas un abandon de la foi, même pas un
manque d’amour. Il a grande compassion. Il comprend.
La Bible le présente comme un Dieu qui souffre
de voir tant de malheurs blesser ceux qu’il a créés
pour le bonheur. Il répond, en donnant à chacun ce
dont il a besoin, au fur et à mesure, pour porter son
fardeau sans en être écrasé, pour entrevoir une lueur
d’espérance.
«Heureux ceux qui se savent pauvres en eux-mêmes,
car le Royaume des cieux est à eux. Heureux
ceux qui ont faim et soif de vivre comme Dieu le
demande, car Dieu exaucera leur désir! Heureux
ceux qui ont de la compassion pour autrui, car Dieu
aura de la compassion pour eux!» (Matthieu, 5.1-
12).
Si vous faites confiance à ces perspectives de vie
proclamées par le Seigneur Jésus, si vous essayez
de les vivre en groupes Relais, alors la paix du coeur
vous sera donnée.
Chaque Jeudi à l’heure d’un Angélus, nous prions pour tous les membres des groupes Relais d’Amitié et de Prière. Ainsi, dans une prière commune nous nous soutenons tous les uns les autres.
Ecoute, Seigneur, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux.
Veille sur moi qui suis fidèle, Ô mon Dieu,
Sauve ton serviteur qui s’appuie sur Toi.