Notes extraites d’un carnet de réflexions personnelles du fils (décédé en 2006) d’une adhérente de Relais.
« Le souvenir me revient de cette
parole venant de l’orthodoxie, qu’un ami
m’a transmise : Lorsque quelqu’un
tombe tout en bas de la pente, nous,
occidentaux, lui disons « eh bien tu
n’as plus qu’à remonter ! »...
Cette étrange parole suggère autre
chose : « Lorsque tu tombes tout en
bas de la pente… Creuse ! ».
Une idée de confiance me vient alors
que je pétris ce puits : « ces années au
désert, ce n’est peut-être pas en vain…
peut-être qu’à force de creuser, d’espérer
en ce puits, une source va jaillir… ».
Ce projet me « parle » avec force, il
porte toute une histoire : c’est le puits
de Jacob, lieu de rencontre entre la
Samaritaine et Jésus… l’eau vive… les
cinq maris… le lieu où adorer… et aussi
un moment où Jésus se déclare
explicitement comme étant le
Messie…sans compter qu’avec un puits,
on peut vivre au désert…
Jacob, lutteur et reconnu fort devant
Dieu, est un homme blessé qui porte
son histoire et marche en boitant…
Pendant de longues années, dans le
désert il a creusé son puits, et ce n’est
pas en vain. Attentif et patient, il y
attend « quelqu’un ».
Un psaume en particulier m’habite,
le psaume 139, qui dit de très belle
manière, non pas que le Seigneur est
partout, mais que là où je suis, IL EST.
Je vois que, dans l’Evangile, malades,
aveugles, paralysés ne portent pas de
nom. Ce constat me paraît important : à travers ces blessés, ces pauvres, ces
exclus dont le nom est tu, Jésus ne nous
rejoint-il pas en nos liens de pauvreté?
Aucun des miraculés de Jésus (sauf
Lazare le démoniaque dont le nom est
« légion » et l’aveugle Bartimée) ne
porte de nom. Ils sont identifiés par
leur handicap, leur maladie ou leur
symptôme. Tout se passe comme si
l’identité de ces malades, le nom qu’ils
ont reçu à leur naissance, leur « Moi »
avait été mis en pièces par leur maladie
et surtout par le regard que porte sur
eux leur entourage, leur famille qui ne
voit plus en eux que ce qui les
marginalise.
Jésus guérit.
Mais il ne leur donne pas de nouveau
nom : en les guérissant, il les libère de
leur ancien « faux nom » que l’entourage
leur fait porter et qui se trouve, de par
la guérison, sans raison d’être. Alors,
sans doute, peuvent-ils retrouver, pour
peu qu’ils l’aient porté, leur nom de
naissance, leur « vrai nom ».
Chaque Jeudi à l’heure d’un Angélus, nous prions pour tous les membres des groupes Relais d’Amitié et de Prière. Ainsi, dans une prière commune nous nous soutenons tous les uns les autres.
Ecoute, Seigneur, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux.
Veille sur moi qui suis fidèle, Ô mon Dieu,
Sauve ton serviteur qui s’appuie sur Toi.