Écrit par Mgr Jean-Charles Thomas, Conseiller spirituel national de Relais d’amitié et de prière
«Oui, il est bon de rendre grâce, de chanter ton Nom, Dieu
très-haut, d’annoncer dès le matin ton amour, ta fidélité au
long des nuits.
Toutes tes oeuvres me comblent de joie. Devant
l’ouvrage de tes mains, je m 'écrie : mais que tes oeuvres sont
grandes, Seigneur, combien sont profondes tes pensées.
L’homme borné ne le sait pas, l’insensé ne peut pas le comprendre.
Regarde ceux qui ne croient pas, ils sont comme de
l’herbe mais ils disparaîtront à tout jamais. Toi, Tu habites
là-haut, Tu es pour toujours le Seigneur ! Tu me donnes de la
fougue. Oui, je le crois, le juste grandira comme un palmier, il
poussera comme un cèdre du Liban, et il annoncera : «Le
Seigneur est droit : il n’y a pas de ruse en Dieu, mon rocher !»
(Ps 91)
Voilà ce que chante le psaume 91, mais tant d’autres psaumes
disent : est-ce que tu existes vraiment, Dieu ? Pourquoi dors-
Tu ? Vois le mal que je subis. Je n’ai rien fait pour mériter ce
malheur. Regarde, dans mon entourage, celui, celle que j’aime
et qui me fait tant souffrir, celui ou celle que je n’arrive pas à
comprendre, dont les réactions me désarçonnent, sur lequel je
ne peux pas fonder une espérance évidente.
Comment pourrais-je Te louer, Seigneur, moi qui suis si
désemparé ? Comment pourrais-je Te rendre grâce ?
Je le sais, Tu ne veux pas la mort, Tu ne veux pas la maladie,
Tu ne veux pas la misère, Tu ne distribues pas ces maux pour
nous faire grandir spirituellement. Ils sont là, ces maux,
terriblement là. Mais j’ose croire, lorsqu’ils sont là, que Toi
aussi, Tu es présent..
Tu veux que moi je ne périsse pas, que je ne me laisse pas
entraîner au désespoir, que je croie que Tu veux, par amour, faire
contribuer tout ce mal à mon bien et au bien de celui, de celle qui
me fait souffrir.
Mais, ce matin, puisque nous sommes réunis, affrontés à des
questions identiques, Seigneur, regarde ceux et celles par lesquels
nous souffrons.
Regarde leur propre souffrance parce qu’à certaines heures ils
sont pleinement conscients de leur propre misère. C’est parce
qu’ils souffrent qu’ils nous agressent, ne se croyant pas aimés.
Parce qu’ils pensent devoir se reprocher quelque chose alors
qu’ils ne se sentent pas coupables. Toute cette psychologie
extrêmement bouillonnante et volcanique qui les agite, elle nous
agite également. Regarde-la aujourd’hui. Elle est répandue sur la
France : des millions de personnes souffrent ainsi. Nous ne
sommes ici qu’un tout petit nombre. Regarde tous ceux qui
gémissent dans la même situation.
Donne-nous de regarder les choses en face, avec ceux qui nous
parleront, ou témoigneront, à la tribune, dans nos petits groupes,
ou par les écrits qu’ils nous communiqueront.
Sois présent pour que nos paroles soient profondes, qu’elles
reflètent les pensées de ton coeur, celles que Tu as révélées.
Je relis aussi ce proverbe tibétain :
«Un jour, en marchant dans la montagne, j’ai vu une bête. En
m’approchant, je me suis aperçu que c’était un homme. En
arrivant tout près de lui, j’ai vu que c’était mon frère !»
Seigneur, ils sont nos frères, nos soeurs, nos amis, nos proches.
Mais ils ne s’aiment pas eux-mêmes. Devant Toi, Seigneur, nous
déposons notre capacité d’aimer ; et nous Te disons : celui ou
celle que Tu aimes ne s’aime pas. Celui ou celle que Tu aimes
souffre en lui-même. Celui que Tu aimes ne sait plus être heureux.
Celui que Tu aimes n’est plus aimable. Celui que Tu aimes
cherche à détruire les autres. Celui ou celle que Tu aimes me fait
souffrir. Celui ou celle que Tu aimes écrase ses propres enfants.
Moi, je n’ai pas envie de pardonner, je n’ai pas la force de
pardonner.
Donne-moi Ta puissance de Pardon, manifestée par Jésus ton
Fils. Sur la Croix, Il n’a jamais désiré se venger.
Donne-moi la joie intérieure.
Donne-nous la lumière, la force de tenir dans la vérité et dans la
durée.
Nous Te demandons tout, Seigneur. Nous attendons tout de Toi.
Notre Père, qui es aux cieux....
Chaque Jeudi à l’heure d’un Angélus, nous prions pour tous les membres des groupes Relais d’Amitié et de Prière. Ainsi, dans une prière commune nous nous soutenons tous les uns les autres.
Ecoute, Seigneur, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux.
Veille sur moi qui suis fidèle, Ô mon Dieu,
Sauve ton serviteur qui s’appuie sur Toi.