A une organisation peaufinée par
l’équipe responsable, répondait
une assemblée de 280 pèlerins
bien enthousiaste...
Les journées se déployant
à un rythme très soutenu, les
pèlerins retrouvaient leur jeunesse et
leur sourire. Les photos et les prénoms
de ceux et celles qu’ils aimaient et
pour lesquels ils venaient demander
force et courage doublaient en nombre
les participants.
Le temps alternait entre pluie et
éclaircies telles ces maladies psychiques
dont nous portons souvent plus
la pluie que le soleil. Le cadre de la
Cité St Pierre avec ses montées et ses
descentes nous offrait une légère
« pause » au travers de laquelle
s’échangeaient moult conversations
« allant toujours à l’essentiel » et
moult sourires de connivence. Ainsi
bien des liens se sont noués autant
que pendant les trajets en car très
appréciés.
La famille Faucon (Claire, née
Sarreméjean,) nous enchantait par
l’animation et la composition de ses
chants et musiques bien rythmés. Du
plus petit, Cyprien, âgé de 7ans, au
plus grand, leur compagnie, durant ces
quatre jours, apportait un air de jeunesse
et contribuait à la beauté de
nos liturgies si bellement célébrées par
Mgr Thomas. Une décoration originale
faite de cubes dessinés nous invitait
à prendre le même chemin que celui
des disciples d’Emmaüs. Les rubans
de couleur représentant les différentes
régions de France nous aidaient à
découvrir le magnifique travail de
« Relais ».
Les bénévoles du
Secours Catholique
veillaient sur nous
avec sollicitude et
l’une d’entre elles me
faisait remarquer que
nous donnions l’impression de nous
porter les uns les autres pendant ce
pèlerinage.
Restait l’aventure « Lourdes » elle-même
! Une première pour certains,
une belle habitude pour d’autres.
Outre la messe internationale
dans l’immense basilique souterraine,
le chemin de Croix, côté Gave
ou côté Montagne, la procession aux
flambeaux, le beau film sur Bernadette,
la messe célébrée à la
« Grotte » sous la radicalité de la
pluie, la majestueuse procession
eucharistique centrée sur la souffrance
des personnes malades, quêtant
la sollicitude du Christ, symbolisée
par l’encens et l’ostensoir,
l’achat de cartes postales, de cierges
ou d’eau de Lourdes, outre toute
cette humanité pèlerine et attentionnée,
chacun, chacune, recevait
au fond de lui-même la grâce infiniment
secrète, cadeau de l’Immense,
sur laquelle s’appuyer en rentrant
pour gérer à nouveau le quotidien.
Olivier Balsan, Pierre Sarreméjean,
le pasteur Hamon dont la présence
à Lourdes pendant le pèlerinage réchauffait
de son amitié souriante le
groupe Relais, le père Bouchain et
les responsables de chaque région,
attentifs et souriants veillaient sur
ce troupeau qui essayait pendant
quelques jours d’oublier la terrible maladie d’un des leurs qui les taraudait,
révoltait, déroutait et dont ils
ne pouvaient que parler pour décharger
une indicible souffrance que Relais
porte en son sein depuis 25 ans.
Les téléphones portables étaient
les témoins de ces échanges quasi
indispensables avec ceux qui cherchent
bien souvent un moment de
réconfort à leur angoisse grâce à ce
nouveau moyen de communication.
Ce pèlerinage nous a offert de goûter
à la dimension universelle de Lourdes.
Cette incessante prière proposée
aux plus démunis tels les porteurs
d’un handicap psychique, physique
ou mental nous fait dire avec Bernadette
: « S’il y en avait une plus pauvre
que moi, c’est à moi que la Dame
aurait parlé ».
A travers tous ces pèlerins comme
le disait Martine Guénard, responsable
de l’Accueil à Lourdes de l’OCH,
c’est la personne malade qui est au
centre. Au centre du coeur de Dieu.
Pour beaucoup, l’effort d’avoir organisé
un grand pont de l’Ascension
pour venir à Lourdes fut récompensé
par la richesse de ce pèlerinage. C’est
« Cadeau » disent les jeunes.
Florilèges de Lourdes :
Je te rends grâce, Seigneur, pour
cette Cité St Pierre, qui nous a
acueillis dans un cadre de calme, de
beauté et de sérénité, bien loin de
l’agitation de la ville et des sanctuaires.
Mon image de Lourdes en a
été transformée. Comme j’ai aimé
prier dans cette petite chapelle de
pierres, près de la tombe de Mgr
Rhodain, au coeur de la montagne !
Je pense à vous, amie inconnue
jusque là, qui en entrant dans la
basilique souterraine, après avoir
évoqué le départ de son enfant, m’a
dit : “je ne sais vraiment pas pourquoi
je suis là !”.
Quatre jours après, elle était autre,
cela transparaissait sur son visage.
Merci, Seigneur !
Je pense à vous, amie, qui lors de
la prière animée par les beaux
chants de la famille Faucon avait le
visage plein de larmes et a senti
enfin ce trop plein de douleur rentrée
s’évacuer.
Nous étions tous là, en effet, portant
les mêmes souffrances, pour
certains avec un vrai poignard dans
le coeur. Mais aussi ce qui nous a
réunis, c’est le même amour pour
celui ou celle qui est malade. Les
visages se sont détendus, des barrières
sont tombées, des sourires
sont apparus, et même de la joie !
Merci, Seigneur !
Et Marie, dans tout ça ? Quelqu’un
dans mon groupe de partage
a rappelé que l’une des dernières paroles de Jean Paul II avait été
« les femmes sont les sentinelles de
l’invisible». Marie nous ouvre tout
grand les chemins vers Dieu. Son
omniprésence à Lourdes ne m’est
supportable que si elle m’amène à
son Fils et partage mes souffrances
de mère.
Le Pasteur Hamon, le Père Bouchain
l’ont bien dit : Marie est la
mère par excellence de tous les
croyants : lorsque notre vie est
chargée de nuages Marie est là
pour nous donner un rayon de lumière.
Souvent je redis cette prière
de mon enfance, maintenant désuète
: “souvenez-vous, ô vierge
des vierges, ô ma mère, qu’on n’a
jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à vous ait
jamais été abandonné !”.
Comme les disciples d’Emmaüs,
nous sommes repartis plus forts du
soutien des uns et des autres, de
l’Eucharistie partagée, de l’espérance
d’être consolés. Que le souffle
de Pentecôte nous donne la
force de continuer, en sachant que
le Seigneur est plus intime à nousmême
que nous même (Père
Ripoche).
Merci à tous ceux qui ont permis
cette belle rencontre avec le Seigneur
par l’intermédiaire de Marie
et de Bernadette !
Chaque Jeudi à l’heure d’un Angélus, nous prions pour tous les membres des groupes Relais d’Amitié et de Prière. Ainsi, dans une prière commune nous nous soutenons tous les uns les autres.
Ecoute, Seigneur, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux.
Veille sur moi qui suis fidèle, Ô mon Dieu,
Sauve ton serviteur qui s’appuie sur Toi.